Dire que ce film etait attendu par les fans est un euphemisme. 20 ans. Cela faisait exactement 20 ans qu'on n'avait pas eu droit a du City Hunter en anime (non, les pachinko ne comptent pas, et Angel Heart c'est pas du City), et meme 28 ans si on met de cote les 3 telefilms des annees 90. Alors bien sur, il y a quelques petites modifications liees a l'epoque ou technologie (drones volants, smartphones, le My City qui a change de nom...) mais fondamentalement, cela ne va rien changer, on garde totalement l'ambiance de l'anime des anime 80.
D'ou une premiere interrogation: ce film se situe t-il dans la continuite du manga ou de l'anime? Absolument tout porterait a croire qu'il s'agit du second (notamment le generique de fin, qui reprend des sequences d'episodes exclusifs a ce dernier), mais un detail s'y oppose: l'immeuble ou resident Ryo et Kaori est celui du manga! Un detail sans grande importance soit, mais on se demande bien pourquoi un tel choix. Ensuite, chronologiquement parlant, je pense qu'on pourrait inserer cette histoire quelque part juste avant/pendant/juste apres City Hunter 91. En effet, Umibozu n'est pas encore aveugle (lors d'une scene, il remarque "visuellement" quelque chose), et il est manifeste que la relation Ryo/Kaori n'a pas vraiment evolue (si vous en esperiez quelque chose de ce point de vue-la, vous allez etre decu).

On reprend tous les elements classiques de la serie: les jolies filles, les coups de massue (une des massues porte le numero 2019 :) ), Kaori qui se fait kidnapper, les corbeaux, une action a cent a l'heure... Il n'y aura pas reellement de grosse surprise a ce niveau-la, meme si l'histoire est plus fouillee qu'un episode lambda. On notera tout de fois etrangement l'absence presque quasi-totale de la fameuse Mini rouge et blanche de notre heros (ce qui n'empeche pas les courses-poursuite en voiture).
Alors on va commencer par les defauts du film:
-le generique de debut est affreux. Ca ne colle pas DU TOUT a City Hunter
-le cote comique de Umibozu est mis un peu trop en avant
-mais surtout, surtout, c'est la qualite des dessins... On alterne sans arret entre le joli et le franchement moyen. Ca va, cela reste regardable, mais pour un film cinema, cela aurait pu (du) etre plus soigne.
Maintenant les bons points.
Deja, ce film est un enorme fan service musical. En effet, Des les premieres secondes et jusqu'a la toute fin, et en mettant de cote l'horrible opening, on est abreuve de chansons/musiques reprises de la serie tele! (CH 1-2-3, mais pas de 91 bizarrement) A un point tel que s'il y a bien 2-3 BGM originales creees pour ce long metrage, elles sont totalement noyees dans le flot... Mais bon sang, pouvoir admirer une scene d'action sur grand ecran avec Foot steps en fond sonore, ca n'a pas de prix :) L'ending bon, vous vous doutez bien que ce sera Get Wild mais pas que. Une fois ce dernier fini, Still Love Her prend la releve!
Le travail des comediens de doublage est parfait. Pour les personnages principaux, ni leur voix ni leur maniere de jouer n'a change depuis tant d'annees (rappelons qu'Akira Kamiya a 70 ans passes, et les autres ont tous au moins la soixantaine), et pour les nouveaux persos du film, ils s'en sortent tres bien aussi.
On ne s'ennuie pas une seconde, c'est du City Hunter pur jus. Comme je le disais plus haut, il n'y a pas vraiment de prise de risque; c'est du niveau d'un bon episode (mais quand meme loin des tous meilleurs), on regrettera peut-etre qu'a partir de la moitie du film et jusque vers la fin, Kaori joue un role plutot efface; ce sera plutot Ryo et Umibozu en action (dont un combat au corps-a-corps entre ce dernier et un autre colosse, qui rappelera celui de Bay City Wars).
Et je pense que beaucoup se demandent ce qu'il en est du role joue par les Cat's Eye, apercues dans le trailer. C'est effectivement de l'ordre du cameo, elles debarquent vers le milieu du film, mais toutes sequences reunies, elles ne doivent pas depasser 4-5 minutes a l'ecran. De plus, elles ne servent pas a grand chose, c'est du pur fan service. Mais est-ce qu'ainsi on a voulu canoniser le fait que Cat's Eye et City Hunter appartiennent au meme univers? Helas, cela suscite plus de problemes qu'autre chose.
-On apprend ici que Miki se contente de louer le cafe aux soeurs Kisugi qui, si elles vivent desormais a l'etranger, sont bel et bien toujours les proprietaires. Bon ca, passe encore, cela reste de l'ordre du detail (simplement, vu le nombre de fois dans CH ou le cafe est a moitie detruit...); c'est le point suivant qui pose evidemment souci
-Il est absolument impossible que ces Cat's Eye-la soient celles du manga, et ce pour deux raisons. Si vous ne l'avez pas lu, je vous previens, ca va spoiler: leur identite est decouverte, et donc elles n'ont pas interet a remettre les pieds au Japon au risque de se faire arreter par la police, sans compter le fait qu'on les voie mal continuer a gerer leur etablissement. Et surtout, Hitomi devient amnesique et a TOUT oublie de son passe de voleuse, ce qui bien entendu n'est pas du tout le cas ici! Le seul moyen de lier les deux serait de considerer ces Cat's comme celles de l'anime. En effet, celui-ci s'achevait sur un episode normal, sans aucune conclusion a l'histoire. Tout est imaginable ensuite. On entrapercevra d'ailleurs dans le film Nagaishi (Monsieur Durieux dans la VF) une poignee de secondes, mais aucune trace de Toshio...

Pour en revenir a City Hunter Shinjuku Privates eyes, et bien ma foi, en tant que fan, cela fait vraiment plaisir de revoir Ryo et compagnie 20 ans apres (Cat's Eye je n'en parle meme pas, 34 ans si on excepte le pachinko, je commence a ressentir mon age...). Alors oui, c'est du CH classique, et la bande-son nous ramene vraiment dans les annees 80, cela va donc fatalement titiller un minimum la fibre nostalgique. Si le public cible semble facile a reconnaitre (dans la salle, il n'y avait que des personnes des deux sexes agees de 40 a 50 ans en moyenne), on peut se demander si ce film parviendra a toucher un autre public...
Si je devais lui donner une note, elle serait de 7 mokkori sur 10. Il aurait merite 8 avec de meilleurs dessins.
Derniere anecdote, mais je n'en suis pas sur du tout, il me semble lors d'une scene de quelques secondes, avoir reconnu Sokura Nishiki, la dessinatrice du manga Kyo kara City Hunter, toujours en cours de publication...